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 Izaiah Yuu [Ash]

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MessageSujet: Izaiah Yuu [Ash]   Mer 4 Nov - 21:11

& . ALL ABOUT ME



    DONNÉES CONFIDENTIELLES :

    NOM : Izaiah.
    PRENOM(S) : Matthew Alexander Yuu.
    ÂGE : 23 ans.
    ORIENTATION : La sexualité… Peu pour lui. C’est juste un vacarme vulgaire entre deux protagonistes baveux. Malheureusement, il est humain et ne peut s’en passer pour autant. Il se tourne alors vers l’homosexualité, plus à son goût.
    ARME : Un Browning Hi-Power.
    GROUPE : Circus.
    RANG SOUHAITÉ : The Puck.

    ................

    INTO MY HEAD :

    Regardez le là-bas. Regardez le, fixez le, observez le. Le voyez-vous ? Cet homme, à moitié affalé sur le comptoir de ce bar puant l’habitude et la fausse sérénité, là-bas. Ca y est ? Vous voyez de qui je parle ? Il a une tignasse blondâtre sur la tête, son visage est caché et ses vêtements son piteux. Personne ne peut le rater. Regardez le un instant, et dites moi ce qui vous saute aux yeux. Ses chaussures ? Imprégnées de boue et d’eau de pluie ? Dégueulassant le sol à ses pieds ? Pourquoi vous attardez vous à de si infimes détails. Mais regardez donc ! Ca crève les yeux ! Même s’il n’est que de dos, que son visage nous soit absent et que ses vêtements nous cachent bien plus intéressant, on ne peut pas passer à côté de ce détail qui vous écorche inconsciemment la bouche ! Allez y… Allez y… Dites le… Plissez encore un peu des yeux, repassez votre regard sur lui, de toute façon, il ne voit pas que vous le faites. Allez. Encore un petit effort. L’idée germe en vos esprits et se fait de plus en plus claire. Et vous vous rendez à l’évidence, et pensez tout fort : « Cet homme est laid. »
    C’est bien. Vous avez vu. Vous avez réussi à voir ce que, dés que j’ai posé l’œil sur lui, j’ai découvert. Ca m’a sauté aux yeux en même temps qu’à la gorge, arrachant à mon visage un rictus que je n’ai pas pris la peine de rendre discret. Il est laid, ainsi assis, affaissé comme un mendiant sur ce bar miteux. Laid par ses cheveux qu’il ne tente même pas d’en donner une impression soignée quelconque. Laid parce que même son visage qu’on ne peut pas voir n’inspire qu’une appréhension dégoûtée. Maintenant que vous avez compris, vous pouvez acquiescer sagement, même si vous le redoutez quelque peu. Pourquoi ne le faites-vous pas ? Vous avez déjà avoué, pourquoi s’arrêter là ? Pourquoi tant de précautions ? Vous croyez que lui se rend compte de ce que vous pensez ? Après tout, qu’avez-vous à en faire, si c’était le cas ? Vous êtes maître de vos pensées et vos ressentiments, pas vrai ? Oh ! Lâchez vous, personne ne vous en retient. « Tu as raison, cet homme est laid. » … Ce n’est pas si compliqué, si… ?
    Ce n’est que me donner raison après tout. Vous avez beau chercher et tenter silencieusement de vous en dissuader, c’est pourtant vrai. Je lâche un rire en vous voyant tant hésiter. N’hésitez plus. J’ai raison. Il est laid. Là est la vérité, vous pouvez enfin l’avouer, sourire aux lèvres. Mais vous ne le ferez pas. Je peux le voir que vous redoutez de le dire, ne serait-ce que de le penser. Je ne peux pas vous en vouloir. Vous n’êtes pas comme moi. Moi je peux me le permettre. Qu’importe ce qu’on pense de moi, qu’importe ce que l’on dit de moi. On peut même me le faire remarquer publiquement ou personnellement, si vous croyez que ça va me fera taire. Pensez à présent de moi ce que vous voulez. Mais regardez une dernière fois cet homme, et avouez de nouveau qu’il est laid. Et là, vous hésiterez de nouveau à parler de moi en mal. Parce que j’ai raison. Parce que je suis probablement plus intelligent que vous, et plus cultivé. Mais ça, c’est à part, ce n’est pas écrit sur un visage. Une chose est sûre : je suis moins indulgent et tolérant que vous. Et je m’en branle. Je vous ris au nez comme je peux vous ignorer, ni remord ni regret ne viendra me hanter. Plaignez vous ou mettez vous de mon côté, je n’en aurais que faire. Vous faites ce que vous voulez, attendez vous juste à un commentaire de ma part. Loin d’être subtil, la plupart du temps. Veuillez m’en excuser ~.
    Qui je suis pour me permettre de dire ça ? Je suis ce jeune homme, accoudé à cette table, dans un coin sombre du bar. Ou encore celui-ci, riant et psalmodiant des chansons paillardes à tue-tête, debout sur la table, sous les applaudissements et cris de personnes qui me croient leur « ami » ou regards catastrophés et comportements plus violents de clients qui n’avaient rien demandé. J’ai trouvé solution à l’ennui qui rongeait ma vie et mon existence. Je m’amuse. Et je m’amuse des autres. Peu importe le bruit que ça engendre ou le silence que je m’amuse à promouvoir dans une conversation dans le seul espoir d’enrager le ou les autres. Mais même avec ça, cette provocation que je compare volontiers et avec une certaine fierté au Puck, les hommes ne peuvent s’empêcher de m’admirer. M’apprécier ? M’aimer ? Ne pas pousser. Admirer m’est bien assez suffisant. On peut ajouter sans crainte les verbes désirer ou même détester. Au moins, on pense à moi.
    Pardon. Je crois avoir entendu le mot femme. Comment ça, je ne parle que d’hommes ? Evidemment qu’elles m’admirent, me désirent ou me détestent. Ces femmes avec leur décolleté et leurs jupes courtes, qu’il y ait quelque chose à montrer ou non. Ces femmes au visage peint et aux cheveux soigneusement entretenus, pour jouer impitoyablement avec la douceur de leurs lèvres si aguicheuses. Aaah… Femmes… … Arh. Femmes. Passer la main dans des cheveux courts, dévorer des lèvres agressives qui, si l’on s’égare, vous meurtrie la bouche de quelques dards mal rasés, toucher un corps fait de marbre… Arh, femmes. Vous savez très bien de quoi je parle, pas vrai ? Vous me comprenez, pas vrai ? Alors foutez moi le camp et cessez de griffer mes chaussures je vous prie. Messieurs, de même. Je choisis ou on paye. Ainsi, il n’y aura pas que vous qui profiterez.

    ................

    PHYSICAL APPEARANCE :

    Regarde-moi, je suis devant toi. Je ne suis plus dans ce bar minable entouré de pauvres gens. Je suis là, devant toi. Allongé, les mains croisées derrière ma nuque, les paupières fermées, la poitrine tranquille. Les pieds dans les glaïeuls, je dors. Non, ne me touche pas. Tu risquerais de me réveiller. Ne dis rien, laisse toi porter par mes mots. Suis ma voix, elle guidera tes yeux. Touche moi d’un regard curieux. Tu veux en savoir plus, pas vrai ? Je suis si près et te paraît si loin, et toi, tu veux savoir.
    Regarde-moi, je suis devant toi. Innocemment allongé dans l’herbe, comme si le monde n’avait aucune importance, comme si l’humanité ne portait aucun risque. Alors que tout pourrait m’arriver en cet instant. Tu pourrais même tenter de me toucher seulement, je ne pourrais rien faire pour t’en empêcher. Mais ne le fais pas, s’il te plait. Regarde moi. Touche moi de tes yeux. D’abord mes cheveux. Bercés par un soleil doux, les voilà clairsemés de reflets éparses et variés. En temps normal, je serais constamment à me passer la main dedans, pour les coiffer pour certains, les ébouriffer pour d’autres. Là, ils se laissent humblement à la merci du vent et de ses caprices. C’est une brise faible qui décoiffe mon front ou revient cacher mes yeux. Les mèches effleurent mes avants bras à la peau sensible et fragile, mais je ne le sens pas. Je dors. Les yeux fermés, la narine immobile, je dors. Mon visage est serein. Sage. Rien de ma provocation habituelle. Il n’y a pas de sourire qui me déchire en gamin capricieux et avide d’ennuis, ni de rire fier et fanfaron qui me fait rayonner. Mon visage est sage et silencieux.
    Regarde-moi, je suis devant toi. Allongé de tout mon long. Un long de taille moyenne, taille dont je me plains sans arrêt au peu à qui je me confie de la sorte. Mais je n’en suis pas peu fier pour autant. C’est plutôt le besoin de trouver de quoi se plaindre. Ma corpulence… Tu veux en parler ? Ou tu vois pertinemment qu’il n’y a rien à redire dessus ? Que, même habillé, tu peux te rendre compte que faute d’être bâti comme un camionneur, mon corps peut se vanter de se rapprocher au plus près d’une perfection ? Pas besoin d’en prendre soin, évidemment, je suis comme tous ces hommes qui charrient les femmes grâce à leur don de ne pas se soucier de quantité et qualité de nourriture qu’ils ingurgitent. Musculation ? Ne pas abuser.
    Regarde-moi, je suis devant toi. Alors ? Comment me trouves-tu ? Que ce soit ainsi étendu dans l’herbe, sous la nue, ou dans le lit d’un de ces messieurs qui payent cher pour me toucher alors que j’obéis, sourire vicieux aux lèvres, cambrure féline et sauvage ancrée au creux du dos ? Dis le. Je suis beau. Magnifique ? Si tu veux. Mais évitez les compliments, ça me fait monter le rouge aux joues. Naaan, j’déconne. J’vous traiterais juste d’hypocrites, de focus, et autres insultes qui me passent par la tête à cet instant précis. Oh ! Attendez. Regardez moi de nouveau, regardez ! Doucement, j’ouvre les yeux. Je suis ébloui par le soleil, alors je les referme dans un grognement discret. Je les fronce et je retente doucement, clignant plusieurs fois mes paupières lourdes de sommeil et de lumière. Et je te regarde. Un coup d’œil inexpressif, à peine surpris. Je te regarde, de haut en bas, et dans ma tête, je te critique. Mais n’y fait pas attention, c’est naturel. Regarde moi plutôt. Et regarde mes yeux qui, derrière des paupières s’étaient faits attendre comme un enfant malade. Ils sont bleus. Un bleu grisâtre, un bleu lunaire. De ceux qui s’éclaircissent au soleil, s’assombrissent à son coucher. Moqueurs, rieurs, sombres et silencieux. D’une expression rare comme d’une indifférence parfaite. Et je les porte avec une fierté non dissimulée.
    Alors maintenant. Je me relève sur un coude. Maintenant que je te regarde et que tu me regardes. Que peux-tu dire ? Je suis incomparable. Ni métaphore ni comparaisons ne m’arrive à la cheville, pas vrai ? En revoyant cet homme, affaissé sur le comptoir, vous comprenez enfin pourquoi il était laid. Pourquoi beaucoup sont laids. Laissez mes yeux les observer et mes mots leur faire part de leur… condition. Et maintenant, en te voyant ainsi me fixer, inconsciemment, un sourire s’étire sur mes lèvres et s’étend. Un sourire fier. Parce que je le suis. Fier. Je suis très fier de moi.

    ................

    SEE ME OTHERWISE :

    « King of Kings am I, Ozymandias.

    If anyone woud know how great I am ans where I lie, let him surpass one of my works.
    »

    J’étais intéressant. C’est pour ça que Ombre est venu, c’est pour ça que je plais au Môme Céleste. J’étais intéressant. A genoux dans la boue, les joues baignées de pluie, les poumons pleins de sang. Ni le couteau qui maintes fois n’hésita pas à m’agresser, ni les insultes qui ne cessaient d’être vociférées ne m’arrêtaient. Je riais. Je riais aux éclats. A ne plus m’arrêter, à ne pus respirer, m’empêcher de rire était trop insensé pour seulement essayer. Je m’en tenais mes côtes douloureuses qu’on tentait de me briser de leurs semelles dégueulasses de boue, mes côtes que mon rire faisait souffrir. Impossible. J’étais impossible. C’est pour ça que je plais. C’est pour ça qu’on m’aime, qu’on fantasme presque.
    J’avais un œil aveuglé de pluie, de boue, de mon propre sang. L’autre soutenait, impitoyable, les regards haineux qu’on me lançait d’une indifférence faussée de rire. Je n’ai pas grand souvenir du pourquoi étais-je coincé dans cette ruelle, roué, tabassé, charcuté par ces cinq types. Homophobes ? Ou peut-être petits copains jaloux ? J’aime l’infidélité. Pourtant moi qui aime peu coucher. Autant coucher pour faire souffrir.
    Il faut croire que je l’ai bien mérité.
    Mes vêtements sont trempés. D’eau, de boue, de mon propre sang. Ils sont enfin partis. Enfin. Je suis pris d’une petite toux qui fait tressauter mon corps, allongé les bras en croix. Puis il s’apaise. A nouveau. Et ma respiration retrouve son cours aussitôt après avoir poussé un soupir. La pluie martèle doucement mon visage et me force à cligner des yeux. Mph. Je suis fatigué. Las de tout ceci. Las de la vie. Et si je me laissais périr ? Là, maintenant, tout de suite ? Si je fermais les yeux, seule partie de mon corps que je sens encore vivre ? Si je me laissais mourir, ô combien ce serait agréable, tout de même… Ici, dans mon lit de boue. Comme Ophélie, j’y flotterai sans fin, le visage offert au ciel. Je n’ai pas mal. Je ne ressens ni douleur ni passion. Je crois que je peux me laisser mourir, là, maintenant. Je n’ai plus qu’à fermer les yeux. Je suis en paix avec moi-même. Du moins je crois. Je ne regrette rien. Je ne désire plus rien. J’ai fait des fautes, certes, mais je n’ai aucun remord. Je me sens bien. Ca doit être quelque chose comme ça, la fin.
    Il faut croire que non.
    Je devais être intéressant, à me laisser mourir dans une ruelle déserte où, à à peine quelques mètres vivait une rue faite de jour et de passants. Je devais être intéressant à désirer aussi passivement que la vie me quitte, sourire aux lèvres. Alors il m’a choisi, moi. Il est venu me chercher. Moi. Il est venu me quémander. Moi. Moi, le semi cadavre, bras en croix. S’il est Enfant Divin, je devais être l’Enfant Prodige. Vive Millénium.
    Il m’a sauvé. Sauvé de ma propre mort. Sauvé d’une mort que j’attendais, patiemment. Comment a-t-il osé ? Comme a-t-il pu ? Souriant, je me suis incliné, souriant, je me suis soumis. Pauvre fou. Tu m’as ôté un désir, tu m’as privé d’une envie. Je ne resterai pas à tes pieds pour l’Eternité. Je ne resterai pas, tout sourire, sous tes regards condescendants. Je ne serai qu’hypocrite. Chaque jour, je te cracherai dans la nuque, avide de vengeance, jurant sur toi et ma mort que tu m’as enlevée. Aaah. Mais n’aie crainte, je te serai fidèle. Probablement le plus fidèle de tous. Chaque ordre, je l’exécuterai, tête baissée, enthousiasme certain. Mais chaque sourire sera faux et chaque courbette sera forcée. Je serait hypocrite. J’aurai ma mort. Et tu ne pourras pas m’en empêcher, cette fois.


    Je me redresse difficilement. En dessous de moi, j’entends le lit crisser. Je pousse un peu sur mes bras et m’appuie sur le mur, derrière moi. Je suis faible. C’est désagréable. L’effort aussi me fut désagréable. Je soupire et lève les yeux. Ma tête cogne doucement contre le mur glacial. C’était prévu. Je soupire à nouveau et ferme les yeux. Pas la peine de fixer au dessus de moi, je connais déjà chaque détail. Depuis combien de jours, depuis combien de nuits n’ais-je rien d’autre sous les yeux que ces tentures vermeilles et carmines qui se confondent et s’étirent au dessus de mon lit dans un grand voile digne d’être céleste. Un ciel rougi et abîmé de vie. Sans étoile, sans lune, sans lumière. Une étendue sombre et vertueuse. Alors je ne fixe rien. Assez de ce rouge. Assez de ce carmin. J’en ai assez. Plus qu’assez. Je fronce légèrement les sourcils. Je crois que j’ai mal. Une fois de plus. Mais je garde les yeux fermés, je m’interdis de les ouvrir. Ce n’est pas encore le moment. Retrouver ces rideaux vermeils, peu pour moi. Pour l’instant. Ils m’insupportent. Ils m’obsèdent. Ils sont là depuis trop longtemps.

    Je respire. Une grande inspiration. Elle butte dans ma gorge, elle lutte pour parvenir à mes poumons. Je le sens. Je dois lutter pour respirer. Et chaque jour, c’est de plus en plus dur. Ma respiration n’est plus seulement difficile, elle devient bruyante, un peu plus chaque nuit. Une sorte de gémissement à chaque inspiration. Celle-ci me fait mal. Parce que je force plus. C’est douloureux. C’est désagréable. Mes sourcils sont froncés, mes yeux douloureusement fermés. Et pourtant, j’essaye de me relaxer en inspirant aussi profondément, en me brûlant davantage la gorge et en m’arrachant encore un peu plus les poumons. Et cette connerie me fait tousser. C’est remonté tout seul, ça m’a pris la gorge et ça m’incendie le torse. Instantanément, je porte ma main à ma bouche et m’empêche de respirer, tente d’empêcher ma poitrine de se défiler, je tente vainement de ne pas bouger, mais je ne peux m’arrêter de tousser. Je tousse encore, je tousse à nouveau. Mes yeux pleurent. Je me plie en deux, agrippant d’une main torturée le tissu blanchâtre qui me couvre depuis des jours, moi et mon corps souffrant. Je tousse, je crache à moitié, je n’en peux plus. Et doucement, le calme revient. Doucement, ma respiration s’apaise et mon cœur reprend sa ritournelle habituelle. Tout semble être revenu à la normale, et pourtant je reste encore prostré, affalé sur moi-même au milieu de mes draps défaits. Je vérifie que tout va bien. Je m’assure que tout va mieux. Ca me tue. J’en ai marre. Je décolle ma main, qui, il y a à peine une seconde était encore collée contre ma bouche et mes lèvres, et sans même oser la regarder, j’attrape une serviette qui traîne à mes côtés depuis trop longtemps déjà pour l’essuyer. Je relance la serviette une fois la tâche achevée. J’ouvre les yeux. Pas la peine de regarder pour savoir qu’il y avait du sang sur ma main. Encore. Toujours. Comme à chaque fois. J’en ai marre. Ca me tue.

    J’inspire de nouveau, mais plus prudemment cette fois. Je m’adosse à nouveau contre le mur, les yeux fermés, savourant soudainement cette plénitude qui m’est offerte pour un temps indéterminé. Je suis fatigué. Cette crise de toux m’a tué. Me tue. Je crois que j’ai mal. Aux jambes, que je sens à peine. Aux bras, affalés à mes côtés. Au ventre ? Nan. Lui va bien. Peut-être me tiraille-t-il, mais je ne le sens pas. Le dos souffre, plaqué contre le mur de pierre glacial. Ma tête est prise de migraines constantes depuis des jours et des semaines. Mais rien ne bat mon cœur. Lui souffre. Lui subit. Brûlant, il lutte, plus que ma respiration qui gémit à chaque inspiration. Il lutte, il sue. Il est incandescent. Je le sens. J’en souffre, moi aussi. Je compatis à sa peine. Lui que j’ai cru toujours de marbre, toujours de glace. C’est lui qui m’incendie, qui me flambe. Il a pris vie en même temps que mon corps se meurt. Il faut croire. Je m’éclaircis la gorge doucement. Je soupire. J’inspire de nouveau. Rien de bien méchant. Je crois que je me sens bien, en cet instant. Habitué à la douleur, habitué à l’amer goût du sang en bouche, je crois être habitué au fait que je suis mal. Et je me sens bien.

    Je rouvre les yeux. Et comme je m’y attendais, mon regard se plonge instantanément dans les méandres vermeils du baldaquin. Ce baldaquin qui me bouffe la lumière. Ce baldaquin qui me bouffe l’espace. Ce baldaquin qui m’obsède. Un frisson vient me cristalliser l’échine. C’est désagréable. Mes yeux se teintent de haine. C’est très désagréable. Tout ce carmin. J’en ai trop vu. J’en ai trop goûté. J’en ai trop senti. Trop touché. Je n’en peux plus. Mes bras me font mal et mon cœur s’est miraculeusement calmé. Et pourtant, rien de tout cela ne m’a empêché de me redresser et de déchirer ces rideaux, ces tissus qui crissent et hurlent au meurtre tandis que je les arrache de leur monture. Du peu de force qu’il me reste, j’hurle à mon tour, je brandis mon crime et le jette à mes pieds, vociférant menaces et orgueil, criant à la justice et au sang. Ca attire du monde. On se précipite dans ma chambre. A plusieurs, on me force à me recoucher, on me fait boire. Je crois. On me calme. Artificiellement. A l’intérieur, je brûle encore à l’idée d’une torture plus grande. D’une vengeance plus alléchante. Parce que oui, je me vengerai davantage. Et je ferai payer à ceux qui tentent vainement de m’endormir, à ceux qui, autour de moi s’affairent en silence. Je les vois passer. Je vois passer des bras, des mains, des objets au-dessus de ma tête. Aucun visage. De mes yeux injectés, je ne vois pas qu’on m’ôte le drap vermeil de mes doigts décrispés. Je ne vois pas qu’on le met à l’abri, loin de moi, qu’on l’emporte. Je ne vois rien… Si j’avais su…

    Le jour se lève. Doucement. Il doit être près de 5 heures du matin. Quoique, je ne suis plus sûr de rien, maintenant. Les bras en croix dans mon lit, je savoure ma victoire de mon sourire bleuté en contemplant mon plafond fait d’arcs et d’ogives blanchies de marbre. Plus beau, plus soyeux encore que le velours carmin. Je lève doucement un bras. Je caresse le vide. J’imagine les courbes froides de la pierre sculptée sous mes doigts. La douceur des moulures. Si belles. Tout aussi doucement, je laisse retomber mon bras dans les draps refaits. Je soupire. L’air a toujours autant de mal à passer. Mais j’y suis habitué, maintenant. La lumière bleutée du matin entre doucement dans la chambre. Un rayon de soleil s’y incruste, encore rafraîchi d’une nuit d’hiver. La lumière que j’avais tant quémandée, la lumière emprisonnée derrière mon baldaquin désormais arraché m’aveugle doucement. C’est désagréable. Mes yeux cernés ne supportent pas. Je détourne mon regard, je tourne la tête. Et en fuyant la lumière, je sens quelque chose de dur peser sous ma nuque. Au travers des draps et du matelas, je le sens. Je l’avais déposée là, au cas où, un jour de pluie. C’est le jour où je fuis la lumière qui semble être le jour idéal pour l’ouvrir. Sur un coude, je me redresse, en soupirant d’effort et plonge ma main sous mon imposant matelas. Et, héroïquement, je récupère mon trésor.

    A la lumière, le vert tourne au bleu et le liquide tressaille et perd son trouble. Magnifique. J’ose à peine agiter la bouteille si bien calée au creux de ma main tendue et fébrile. Elle n’attendait que moi. Sans la lâcher, je pose la bouteille face à moi, sur le matelas vieilli. Elle est magnifique. Impossible de rivaliser. La couleur sublime la salle vide et me colle un sourire au visage. Merci, oh grand Dieu. Alcool. Ô combien je t’aime. Je me rallonge sur mon coude et fixe cette bouteille toute offerte à moi comme un amant endormi dans la pâleur de l’aube après une longue nuit d’ébat. Beau. Divin. Alcool. Une harmonie en dissonances. Comme une douce caresse qu’on passe sur ce même corps d’éphèbe endormi, je suis délicat en ouvrant ma désirée. Et pourtant, l’odeur me saute au nez et à la gorge sans crier gare, sans aucune douceur. Alléchante, sucrée et acide, âpre et affolante, alarmante, un goût d’anis et d’alcool, qui s’accroche aux lèvres et narines… Mh. Vertiges paradisiaques. Je savoure, ne serait-ce que l’odeur. Elle m’est agréable. Elle m’apaise, moi et mon corps douloureux. Je me sens bien à ses côtés. Elle se sent bien aux mieux, j’en suis sûr. Absinthe. Ô combien je t’aime.

    Déjà à demi vide. Pourquoi les meilleures choses passent et s’en vont bien plus vite que les mauvaises ? Ca me tue. Encore. Je tousse, mais ce n’est rien de bien méchant. Je reporte la bouteille à mes lèvres et bois encore. Encore. Et encore. J’aime ça. J’adore ça. Bien que je n’ai pas le droit. Mais qui a le droit de m’interdire ? Qui a le culot de quoique ce soit me dire ? Qui ose ? Personne. On a pas le droit. On ne m’interdit pas. Je suis l’unique, je suis le seul qui ai le droit de m’interdire. Je suis le seul qui ai le droit de me retenir. Je suis le seul, je suis l’unique. Le plus grand, le seul maître de moi-même. Je ne veux pas de ce vêtement miteux, je ne veux pas de ce lit dans lequel je traine depuis trop longtemps, je ne veux pas de cette lumière qui obsède ma vue, je ne veux pas, je ne veux rien d’autre que moi et ma bouteille. Je ne veux que moi. Je n’ai besoin de rien d’autre. Et c’est ce que je me répète en me redressant totalement sur mon lit. Mes gestes sont faussés, mes bras sont faibles, mon corps entier l’est. Mon regard est aveuglé par l’alcool et ce que je veux. Mon corps se doit de suivre. Je me lève. J’ai posé pied-à-terre. Il manque de me faucher, à lui seul. Mais je tiens bon. Je m’accroche à ma bouteille et tiens debout. J’oublie mes vertiges, j’oublie les fourmis dans mes jambes. Je tiens debout. Je suis fier de moi. Je suis grand. Je suis beau. Je suis debout. Je gémis en inspirant profondément. Je me sens bien.

    Il doit être 6h et quelques. Je crois que je suis en train de devenir fou. J’ai enfilé un jean noir, une chemise blanche. Je ne m’en souviens même pas. Je suis affalé dans un fauteuil présidant la chambre. Je ne m’en souviens pas non plus. Dans une main, la bouteille se vide, doucement. Dans l’autre, je sens la crosse rugueuse et glaciale de mon Browning.
    Mon corps n’a pas le droit de me lâcher. Mon cœur n’a pas le droit de s’arrêter. Je n’ai pas le droit de mourir tant que je ne l’ai pas décidé. C’est ce que ma pensée m’hurle depuis un temps que je ne calcule plus. Je suis maître de moi-même comme de l’univers. Je décide de tout. Je décide de mon heure.
    Et mon heure est venue.
    Vertiges et migraines ne m’arrêtent pas. Mon corps n’est plus qu’un cadavre bleui de fatigue et de souffrance. Il ne me reste plus qu’à m’abattre. Je ne laisserai pas mon corps me devancer. Je lève mon bras douloureux. C’est fini, s’en est ainsi. Je porte le canon de mon Browning sur ma tempe. Je l’ai bien mérité, après tout. Le contact est plus glacial que je l’avais imaginé.
    Et je tire.

    Blanc, cyan et carmin. Je suis tout à vous.

    ................

    BEHIND THE MASK :

    PRÉNOM // PSEUDO : Yuu.
    ÂGE : 17 ans.
    COMMENT AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM ? : Raven m’a proposé le poste.
    CODE : Mais bien sûr, mon enfant. ~.

    ................


Dernière édition par Izaiah Yuu le Ven 6 Nov - 21:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Izaiah Yuu [Ash]   Mer 4 Nov - 21:33

    Mh.
    Tout d'abord, Bienvenue, mon cher enfant.
    Par la suite, les descriptions sont très bien mais l'histoire...
    Je veux dire. Ton personnage meurt à la fin, ce n'est pas logique.
    Il doit rencontrer Ombre (moi) et ensuite atterrir à Millénium,
    Où il rejoindra un groupe.
    Il faudrait que tu changes tout cela.
    Et si par mégarde tu n'avais pas terminé ton histoire, autant pour moi et je m'en excuse.

    [Ensuite, je suis au regret de te dire que Belphegor de Reborn a déjà été attribué à un prédéfini, Akuma.] » Problème réglé.]
    Alors si tu pouvais modifier tout ceci. (:.

    Bien à toi.
    Ombre. ~
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MessageSujet: Re: Izaiah Yuu [Ash]   Mer 4 Nov - 23:14

Je comprends le problème.
Je tiens juste à préciser que l'histoire est finie et que c'était une sorte de test: une histoire qui ne raconte plus le passé mais son avenir. En l'occurrence ici, sa mort.
Bien évidemment, de façon volontaire, j'ai omis de préciser quel était son passé, sa rencontre avec Ombre et tout ce qui s'en suit ou s'en précède.
Et pourtant, ce qui se passe se déroule bien dans le monde de Millénium.
Si possible, après avoir lu ces explications que je pensais inutiles à préciser, pouvez vous reconsidérer votre demande de renouveler l'histoire ou de l'arranger.
Merci de votre compréhension, et entendez bien que si ma demande précédente est refusée, je recommencerais sans discuter cette histoire.
Bien à vous.
Izaiah Yuu
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MessageSujet: Re: Izaiah Yuu [Ash]   Mer 4 Nov - 23:18

    Oh, vu comme ça, tout devient plus compréhensible.
    Néanmoins, je voudrais ne serait-ce que la rencontre avec Ombre,
    Les circonstances et tout ce qu'il va avec.
    Peu m'importe votre enfance sur Terre,
    Tant que le comment de votre venue sur Millénium est expliquée. :3.

    Tu peux tout à fait laisser ce futur et expliquer avant les choses dites plus haut.
    A ta guise, mon enfant. ~

    Ombre.
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MessageSujet: Re: Izaiah Yuu [Ash]   Ven 6 Nov - 21:02

Histoire éditée. S'il y a davantage de détails à modifier, n'hésitez pas.
Izaiah Yuu
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MessageSujet: Re: Izaiah Yuu [Ash]   Ven 6 Nov - 22:27

    C'est parfait ainsi mon enfant. ~
    Tu peux donc aller gambader dans Millénium.

    Enjoy'.
    Ombre. ~


The Shadow
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MessageSujet: Re: Izaiah Yuu [Ash]   Ven 6 Nov - 23:02

Merci bien <3
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MessageSujet: Re: Izaiah Yuu [Ash]   Dim 15 Nov - 16:45

Yuuuu !! Si t'acceptes pas les Mp je peux pas te répondre, patate >.<
(J'ai essayé la CB hier, mais t'as pas voulu te co, donc il reste plus qu'ici pour que je te le dise xD)
Camille J. Craftiness
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MessageSujet: Re: Izaiah Yuu [Ash]   Dim 15 Nov - 16:48

... Le pire, c'est que ça m'a fait rire.
Problème réglé mon chou, envoie le moi ton mp <3
Izaiah Yuu
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Izaiah Yuu [Ash]

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